Cette maladie touche « 15% à 25% des patientes opérées d’un cancer du sein »: un traitement innovant est développé à Liège Publié le 06/03 à 16h32 par RTL info

Cette maladie touche « 15% à 25% des patientes opérées d’un cancer du sein »: un traitement innovant est développé à Liège

 

Une équipe de l’Université de Liège a mis au point une nouvelle thérapie ciblant la molécule uPARAP pour traiter le lymphœdème, une maladie chronique affectant le système lymphatique. Cette approche innovante, basée sur une technologie de blocage de l’ARNm, pourrait ouvrir la voie à de futurs essais cliniques.

Une nouvelle thérapie pour traiter le lymphœdème a été mise au point par l’équipe de recherche dirigée par le Professeur Agnès Noel au sein du GIGA (Université de Liège). Cette avancée majeure repose sur l’inhibition d’une molécule clé et a montré des résultats prometteurs.

Le lymphœdème, une maladie chronique provoquant un gonflement douloureux des membres, résulte d’un dysfonctionnement du système lymphatique. L’équipe du Professeur Agnès Noel, au sein du GIGA (Laboratoire de Biologie des Tumeurs et du Développement, WELBIO) à l’Université de Liège, a identifié un acteur clé dans le développement de cette affection : la molécule uPARAP.

« De manière surprenante, nous avons constaté qu’un réseau lymphatique plus complexe, en forme de labyrinthe, pouvait atténuer le lymphœdème », explique Agnès Noel. En ciblant la molécule uPARAP, les chercheurs ont pu modifier la structure du réseau lymphatique et améliorer sa capacité de drainage. Dans un modèle préclinique, cette approche a réduit significativement le gonflement des membres et d’autres symptômes comme l’épaississement de la peau et le dépôt de graisse.

La stratégie thérapeutique développée repose sur un traitement à base de gapmer, une technologie permettant de bloquer l’ARNm de l’uPARAP, empêchant ainsi la production de cette protéine. Cette avancée ouvre la voie à de futures études cliniques pour évaluer son efficacité chez les patients.

Le lymphœdème : une maladie invalidante et méconnue

Le lymphœdème est une affection qui se manifeste par une accumulation anormale de lymphe dans les tissus, entraînant un gonflement chronique d’un membre ou d’une partie du corps. Cette accumulation résulte d’un mauvais fonctionnement du système lymphatique, qui joue un rôle essentiel dans la circulation des fluides et la réponse immunitaire.

On distingue deux types de lymphœdèmes :

  • Le lymphœdème primaire, d’origine génétique ou congénitale, qui se développe en raison d’un défaut du système lymphatique.
  • Le lymphœdème secondaire, qui apparaît après une chirurgie, un traitement contre le cancer, un traumatisme ou une infection endommageant les vaisseaux lymphatiques.

Les symptômes du lymphœdème incluent des sensations de lourdeur, une gêne fonctionnelle et une augmentation du risque d’infections cutanées. En l’absence de traitement adéquat, la maladie peut entraîner une dégradation importante de la qualité de vie.

Combien de personnes sont concernées ?

Le lymphœdème touche un nombre important de personnes à travers le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au moins 36 millions de personnes souffrent de manifestations chroniques de la maladie.

En Belgique et en Europe, le nombre exact de patients atteints de lymphœdème est difficile à établir. « On estime que 15 à 25 % des patientes opérées d’un cancer du sein et 10 à 15 % des patient(e)s ayant subi une chirurgie pour un cancer gynécologique ou un mélanome développeront un lymphœdème secondaire », explique le site du CHU de Namur.

Un espoir pour les patients

Jusqu’à présent, les traitements disponibles visaient principalement à contenir l’évolution du lymphœdème grâce à des techniques de drainage lymphatique, des bandages compressifs ou le port de contentions élastiques. Aucun traitement curatif n’existait.

L’approche développée par l’équipe du GIGA pourrait donc représenter une véritable révolution dans la prise en charge du lymphœdème. Les prochaines étapes consisteront à affiner la thérapie pour garantir son efficacité et sa sécurité avant d’envisager des essais cliniques chez l’homme. Une avancée porteuse d’espoir pour des millions de patients à travers le monde.

RTL Info

 
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